Celui qui a vu le Lion et celui que le lion a vu ne courent pas de la même façon...

Publié le par Jean le Maçon

La fierté est ce qui reste a un homme quand il a tout perdu ; victime parfois muette de l'injustice et parfois de la non reconnaissance du travail accompli à cause de la couleur de notre peau dans ces pays d'adoption. La qualification de l'Inter et particulièrement de notre compatriote Samuel Eto'o revêt selon moi une toute autre dimension que la seule chose sportive.

 "L'affaire Eto'o" a fait couler beaucoup d'encre ,et jusqu'à aujourd'hui soulève plein d'interrogations. En tant que employé d'une structure, la récompense la plus noble à demander après une année financièrement fructueuse serait une augmentation de salaire. Seulement dans le cas échéant, Eto'o ayant tout gagné et participé activement aux trois titres de son équipe a été qualifié de "gourmand" parce qu'il a réclamé ce qui lui était dû. Le bouchon a été poussé plus loin quand ses dirigeants ont réclamé son départ, et son entraineur de renchérir en déclarant que ça n'avait rien de professionnel : c'était "juste une question de feeling".

 Certains orateurs de bars et maquis de mon cher toli se demanderont qu'est-ce que cette victoire rapporte a l'équipe nationale du Cameroun, qu'on s'en fout des victoires en équipe d'Etoo, etc. J'essaierai à ma manière de leur faire comprendre que le sport au haut niveau n'est pas juste une question de technique et de talent, mais de volonté et de mental. Le capitaine Eto'o se veut un exemple de volonté et d'abnégation pour les jeunes qui porteront le maillot des Lions à la Coupe du Monde sud-africaine. Jouer aux côtés d'un tel joueur bonifie toute une équipe. Je prendrai pour preuve l'Inter qui était une équipe d'individualistes et qui, au fil de la compétition et surtout pendant la double confrontation avec Chelsea, est devenue une équipe quasi collective, souffrant ensemble et gagnant ensemble. Si même Mourinho, qui aujourd'hui peut être classé dans le top 5 des meilleurs tacticiens au monde l'a recruté et a fait de lui le joueur le plus payé dans un pays assez conservateur et encore ouvertement raciste, c'est parce qu'il savait ce que pouvait lui apporter  le joueur qui court comme un Noir pour pouvoir vivre comme un Blanc. Pour moi, ce garçon est un exemple pour nous tous dans un système qui marginalise parfois l'apport du Noir. Comme il le dit lui même, il n'y a que la vérité du terrain qui compte.

 Dans l'attente de la finale face au Bayern de Münich, tout en lui souhaitant beaucoup de succès. Pep Guardiola aura compris et appris d'un lion, car "celui qui a vu le lion et celui que le lion a vu ne courent pas de la même façon".

 A vous de deviner dans tout ça qui est le lion...

Publié dans Jean le Maçon

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