Europe : le Barça champion, le football en question

Publié le par Atango

Le FC Barcelone a donc remporté son quatrième titre de champion d'Europe en disposant en finale de Manchester United (3-1 le 28 mai 2011 à Wembley).

 

Inutile de revenir sur le match, qui fut un simple monologue catalan. D'ailleurs, les observateurs s'y attendaient, puisque 80 % des personnes avaient parié sur une victoire de Barcelone. C'est cet autre chiffre qui interpelle. La formule 1, le golf, le tennis et le cyclisme font partie de ces sports dans lesquels, régulièrement, un hyper favori tue le suspense pendant des saisons entières. Le football s'apprête-t-il à rentrer dans le rang ? Auront-nous un FC Barcelone archi dominateur dans le football européen pendant trois à quatre saisons ?

 

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A vrai dire, ce serait dommage. En effet, le meilleur du football réside dans son potentiel dramaturgique. Les surprises, les retournements de situations, les coups de théâtre, voilà le sel et voilà les épices qui donnent au football son goût unique. A cet égard, la finale de Ligue des Champions de 1999 avait attiré l'attention de tous par son caractère dramatique : Basler ayant marqué pour le Bayern dès la 6e minute, si les Allemands avaient conservé ce score et remporté le trophée, personne ne se souviendrait plus de ce match. Or, il est resté dans toutes les mémoires parce que le petit poucet (à l'époque) mancunéen avait marqué, dans les arrêts de jeu, deux buts venus d'ailleurs (Sheringam à la 91e et Solkjaer à la 93e).

 

En 2011, le FC Barcelone manoeuvre comme des minimes les joueurs de Manchester United, l'une des toutes meilleures équipes au monde, et Sir Alex Ferguson, un technicien universellement respecté, semble perdu sur son banc de touche. Voilà l'image qui donne le frisson, et qui pousse à se demander ce que va devenir le football.

 

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On ne peut évidemment pas demander à Barcelone de baisser volontairement son niveau de jeu, et même s'ils le voulaient, Xavi, Iniesta et Messi ne pourraient de toute façon pas le faire. On ne peut pas, non plus, envisager que chaque équipe qui affronte le Barça se mette à jouer comme l'Inter de Mourinho en 2010. Quelle que soit l'admiration qu'on peut éprouver pour l'abnégation et le sens du sacrifice, aucun amateur de football ne peut durablement admettre que des Samuel Eto'o se transforment toius les jours en défenseurs gauches : tout simplement contre-nature.

 

La seule solution, c'est un changement radical dans la philosophie du football, au plus profond de ses racines. Les autres équipes doivent se mettre au niveau du Barça, et non l'inverse. Cela équivaut en premier lieu à revoir les politiques de formation à la base, car le noyau actuel du Barça est constitué de joueurs formés à la Masia, la marmite dans laquelle on cuit et recuit le jeu total, et maintenus au club.

 

On s'accorde à dire que les atouts du Barça sont les suivants :

- technique parfaite ;

- mouvements constants ;

- jeu simple ;

- vitesse ;

- pressing immédiat.

 

En somme, les Catalans écrasent leurs adversaires en pratiquant le football qu'on enseigne aux poussins. "Je me démarque, je demande, je contrôle, je lève la tête, je donne et je me démarque à nouveau." Le reste est affaire de pression psychologique : à force de voir le ballon passer et repasser sous leur nez, les meilleurs joueurs du monde perdent leurs nerfs, et c'est le premier signe de la défaite qui s'annonce.

 

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Il revient donc aux autres clubs de travailler sur ces fondamentaux. Former dès le plus jeune âge les joueurs à la maîtrise du ballon, au jeu simple, au mouvement coordonné, au démarquage constant et au pressing. Il s'agira ensuite de pratiquer une vraie politique intégrée : former les joueurs pour les utiliser, et non pour les vendre au premier venu, comme dans une vulgaire foire au bétail. De ce point de vue, la domination barcelonaise signifie que le choix de la formation l'emporte sur celui du business échevelé. Et c'est aussi en cela que le FC Barcelone est un anti Real Madrid.

 

Le jeu proposé par le Barça est proprement fascinant, mais, justement pour cette raison, il faut espérer que les Catalans n'en arrivent pas à tuer tout suspense dans le football. Chaque club de foot en Europe possède un centre de formation. Ils savent, tous, désormais ce qu'il leur reste à faire.

 

Mais attention, le Barça a de l'avance, et les Messi, Xavi et Iniesta de demain sont déjà en train de mijoter à la Masia.

 

Résumé de la finale (cliquer sur pa3BepHYTb pour agrandir)

Publié dans Chroniques

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