FECAFOOT : Eto'o, sanction alourdie

Publié le par Atango

En décidant ce vendredi 06 janvier 2012 d'infliger à Samuel Eto'o une suspension de 8 mois, le Comité Exécutif de la FECAFOOT a pris une décision sur laquelle beaucoup de personnes vont encore se tromper.

 

Primo, d'un point de vue purement technique, il ne s'agit pas d'une modification de la sanction prise récemment par la commission disciplinaire. En effet, la commission avait décompté sa sanction en matches, et si le comité avait voulu la modifier, elle se serait alignée sur la même modalité.

 

Secundo, il ne s'agit pas d'une révision du verdict rendu par Sali Daïrou et ses gars. En effet, Eto'o n'a pas interjeté appel. Le comité s'arroge simplement le droit de ne pas tenir compte de la décision prise par la commission. Les textes de la FECAFOOT lui en donnent en effet le droit, et cela en violation du principe démocratique de séparation des pouvoirs entre le judiciaire et le législatif. Mais cela se saurait, si les textes de la FECAFOOT étaient cohérents.

 

Tertio, les pro Eto'o et les anti Iya vont sûrement crier victoire, puisque la durée d'exclusion du capitaine de l'équipe nationale est réduite quasiment de deux tiers. Mais ils devraient vite déchanter, et cela pour deux raisons.

 

La première est que la sanction demeure lourde. Autant la punition à 15 matches de suspension apparaissait juste absurde, autant celle à 5 matches peut être définie comme sévère. Le tour de passe passe réussi par la FECAFOOT est vieux comme le monde : "si ton visiteur se plaint de coucher sur un lit trop dur, fais-le dormir par terre quelques nuits, et il te remerciera quand tu lui rendras son lit." Ce vieux proverbe de chez nous ne fait que décrire autrement une disposition psychologique qui nous fait apprécier la diminution du négatif comme une progression du positif. Cela signifie aussi qu'à la FECAFOOT, où ils n'ont que faire de Montesquieu ("Il n'y a point encore de liberté si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice.", De l'esprit des lois, 1758), ils ont lu très attentivement Machiavel : "Il faut estimer comme un bien le moindre mal." le Prince, 1532.

 

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La seconde est que l'ancien capitaine et nouveau coordonateur, Rigobert Song, revient dans la tanière, ramené ex abrupto par des apprentis sorciers qui pensent l'utiliser pour atténuer l'influence de Samuel Eto'o sur le groupe. Ou comment rallumer derechef l'ambiance de guerre civile de la Coupe du Monde 2010 qui, comme chacun s'en est rendu compte, nous a conduits au succès.

 

Au final, Samuel Eto'o apparaît comme le grand perdant de cette séquence, et on peut légitimement penser que sa sanction est allégée sur le plan comptable, mais renforcée sur un plan symbolique. Toute cette querelle n'aura donc servi qu'à renforcer l'équipe actuelle de la FECAFOOT, qui a magistralement et cyniquement profité de la naïveté des joueurs et de la grande majorité des observateurs.

 

Tant mieux pour eux, et tant pis pour nous qui attendons toujours une équipe qui nous remplisse de joie au lieu de nous donner des sueurs froides en dehors et sur les terrains.

Publié dans Chroniques

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Atango 07/01/2012 22:10

@ Buncol

Je suis un consultant jamais consulté. Pourtant gratuit :)

buncol 07/01/2012 20:13

Toujours egal a toi... Bravo!

Atango 07/01/2012 16:15

Hello Fryou. La seule chose qui est vraie, c'est que pour les trophées il va falloir attendre encore. Or, moi, mon seul intérêt dans tout ça c'est que l'équipe joue bien et remporte des trophées.

Frieda 07/01/2012 15:53

Bonjour Atango,
Avec toi je comprends mieux ce feuilleton qui est traité ici avec tant de passion qu'on ne comprend plus les tenants et les aboutissants
Merci pour cette analyse clairvoyante et ponctuée de la sagesse Africaine
Bisous mon Frère
Frieda