Le Blanc, les brutes et les brillants

Publié le par Atango

Vivant en France et ayant beaucoup débattu avec toutes sortes de Français sur la "question africaine", je suis toujours étonné que certaines affaires qui ressortent au grand jour... étonnent dans l'opinion.

 

Il en est ainsi des récentes révélations du site Mediapart sur une réunion tenue par des dirigeants de la Fédération Française de Football, réunion au cours de laquelle plusieurs de ces dirigeants auraient tenus des propos visant à déplorer (au moins) la trop grande prégnance de joueurs noirs au sein de l'équipe nationale de France.

 

A vrai dire, j'admire la démocratie française qui arrive encore à faire de ce genre de banalité des scandales (une opinion publique qui se scandalise est une opinion vivante et active). Pour ma part, il y a belle lurette que je sais cette vérité toute simple : au-delà de Le Pen et de Frêche, la remarque sur la couleur dominante de l'Equipe de France est une invitée habituelle de la plupart des repas de famille. Car le Français moyen est raciste. 

 

Non pas d'un racisme idéologique (une minorité seulement professe un racisme construit, argumenté et revendiqué), mais ce "racisme ordinaire" que les sociologues connaissent bien. De la bouche de personnes absolument sympatiques, parfois de personnes très proches, j'ai souvent été ahuri d'entendre, soudain, au détour d'une conversation, une phrase qui, si on l'isole, relève de ce terme que d'ailleurs une partie de l'opinion s'emploie à vider de son sens.

 

Ces propos ne sont que l'écume d'un corpus identitaire commun à tous les Français, et qui s'est construit au cours de l'histoire longue. La rencontre entre la France et l'Afrique s'est faite par trois canaux : L'intérêt économique, l'impérialisme politique et l'évangélisation. De ces trois canaux, aucun ne pouvait conduire à la mise en place de relations fondées sur l'égalité et le respect mutuel.

 

La domination économique, culturelle et spirituelle de la France sur les pays francophones d'Afrique s'est manifestée, au cours de l'histoire, par des phénomènes comme la colonisation, le pillage néo-colonial (cf la Françafrique) et, aujourd'hui, le couple antagoniste compassionisme des uns vs xénophobie des autres.

 

Voilà pourquoi, pour le Français moyen, l'Africain est soit un assisté, soit un dominé, dans tous les cas, celui que l'on méprise ou celui que l'on plaint, selon le tempérament de chacun. Très rarement celui que l'on considère comme un égal.

 

A vrai dire, l'Afrique est loin d'être au centre des pensées des Français. Elle est restée une terre exotique et lointaine, et, malheureusement, ceux qui s'en préoccupent le font toujours pour de mauvaises raisons : soit ils dénoncent l'immigration "massive", soit ils "veulent aider". Personnellement, je cherche toujours l'interlocuteur à qui je pourrai parler de l'Afrique sans que, au bout de 10 minutes, nous ne nous retrouvions à disserter soit sur l'immigration, soit sur les "problèmes". Voir à ce propos mon article sur le "14 juillet africain" de l'été dernier.

 

Je parle du "Français moyen", mais il ne s'agit nullement d'une moyenne ethnologique, car toute la France regarde l'Afrique de ce regard schizophrène, où se lisent en filigrane l'arrogance et la culpabilité du vainqueur d'hier et d'aujourd'hui.

 

Les dirigeants politiques (des "bruits et odeurs" à "l'Homme africain pas encore entré dans l'hisotoire"), la presse, les entreprises, les "humanitaires", les savants, toutes les personnes que j'ai rencontrées ou que j'ai eu l'occasion d'écouter en France portent sur l'Afrique ce fameux regard, qui est selon les cas celui de l'oncle Picsou ou celui de Mère Teresa.

 

Alors, le discours tenu notamment par Laurent Blanc ne m'étonne guère, et je suis persuadé que Mediapart n'a saisi que la pointe émergée d'un énorme iceberg. Les réactions sont diverses : la plupart des dirigeants "couvrent" leurs camarades ; la presse exploite le buzz au maximum, d'autant que la France se trouve en pleine tourmente identitaire depuis 2002 ; sur les forums, les réactions xénophobes sont clairement majoritaires, comme c'est le cas depuis plusieurs mois. Non seulement on approuve les propos sur les "Blacks", mais en plus on les légitime, car dans la France contemporaine le discours raciste s'est paré des atours de la subversion et revendique l'étendard de la liberté de parole !

 

Pour ma part, je sais très bien que Laurent Blanc ressemble aux Français que je rencontre tous les jours : sans aucune intention de méchanceté, il ne regarde pas ses joueurs noirs d'un oeil anodin, quoi qu'il puisse en dire. Il établit une association automatique entre le type physique "costaud et puissant" et les Noirs, ce qui relève du stéréotype. Il lèverait pourtant les bras au ciel si on lui disait que ce stéréotype est l'antichambre du racisme.

 

Il va nier avec vigueur toute intention pour lui d'insulter un groupe entier de personnes. Pourtant, il établit une autre relation entre "absence d'intelligence de jeu" et "profil costaud et puissant", ce qui relève du préjugé. Or, le préjugé découle nécessairement du stéréotype et constitue la deuxième marche descendante du racisme.

 

L'étape suivante, c'est le passage à l'acte. Or, comme je l'ai vu avant tout le monde, ce passage à l'acte est en cours : voir mes articles "Blanchir les Bleus" et "Des Bleus plus blancs".

 

Maintenant, le fond de la question, le voici : en quoi cela pose-t-il problème que la majorité de l'équipe de France soit constituée de joueurs de telle ou telle origine ?

 

Si l'on trouve que cette domination catégorielle pose problème, la nation devrait se saisir du débat et l'élargir à toutes les autres sphères représentatives de la France : les conseils d'administration des entreprises à capitaux d'Etat, l'Assemblée Nationale, le Sénat, le Gouvernement, les Grandes Ecoles, la haute hiérarchie militaire, le corps préfectoral, et (tiens tiens), le corps arbitral et l'encadrement des équipes nationales de football.

 

Chiche ?

 

L'autre question soulevée par Laurent Blanc, le bien nommé, est celle de la "fuite des jambes habiles." En gros, l'ingratitude des joueurs d'origine étrangère formés dans le giron français et qui choisissent ensuite d'aller défendre les couleurs d'autres pays.

 

Même si la formulation semble généraliste, le viseur est pointé vers le Maghreb et l'Afrique Noire, ces terres de domination française. Je me souviens des propos de Bernard Laporte à la sortie d'un match France-Tunisie pendant lequel la Marseillaise avait été sifflée (par des Français d'origine tunisienne, mais Français tout de même). Au lieu de s'interroger sur cette haine d'une partie de la France pour les symboles nationaux (car là se trouve la vraie question, celle de l'intégration et de l'ascenceur social bloqué), le ministre avait tenu des propos amers sur "ces pays là qui sont pourtant des pays que nous aidons." De la même façon, chaque épisode de révolte de jeunes Français des quartiers pauvres se traduit généralement par une nouvelle loi sur l'immigration (!), ce qui révèle bien la xénophobie du pouvoir actuel en France, qui ne fait que surfer sur une tendance lourde dans la société.

 

Laurent Blanc

 

Pourtant...

 

La France n'a pas hésité à recruter David Trezeguet, argentin de grand-père français. Elle a fait le forcing (sans succès) pour appeler Higuain, un autre argentin, né à Brest, chez les Bleus. Je ne m'amuserai pas à compter le nombre de joueurs de football, de tennis, tous les sportifs, les artistes, les soldats, les prêtres, les médecins et tous les autres travailleurs qui, venus d'Afrique, ont contribué et contribuent tous les jours à la grandeur de la France.

 

Ce pays a profité et continue largement de profiter des richesses naturelles de l'Afrique : uranium nigérien, pétrole gabonais, forêts d'Afrique centrale, phosphates togolais, etc. Elle a mis en place, en 2007, une politique dite d'immigration choisie, qui lui permet de faire venir des étrangers hautement qualifiés et formés à prix d'or dans leurs pays, pour les mettre au service de son développement.

 

Cette même France, qui devrait plus que d'autres vanter les bienfaits des échanges, des croisements, du partage, perd la tête dès qu'il s'agit de l'Afrique et des Noirs, un terme qui pose tellement problème à la conscience française qu'il en est devenu tabou : on l'édulcore par l'anglais "blacks". Etonnante acrobatie mentale au demeurant, qui ne révèle pas l'illusoire gentillesse du mot "black", mais la hideuse noirceur des intentions de celui qui n'ose pas dire "les Noirs", car, nul ne se mentant à lui-même, il sait ce qu'il pense des Noirs.

 

C'est ce "blacks" qui à mon avis trahit Laurent Blanc, car il révèle une prudence de langage qui ne peut s'expliquer que par une mauvaise intention sous-jacente. En effet, l'ancien coéquipier de Thuram, Zidane et Dessailly aurait pu simplement demander à sa DTN d'infléchir sa politique de formation afin de donner une place à des profils plus petits et plus légers. L'ennui, c'est qu'il est allé plus loin que cela, et qu'il a associé dans un premier temps les profils grands et costaud aux "Blacks", et ensuite à un manque d'intelligence dans le jeu.

 

De ce point de vue, ses paroles sont racistes. Mais le pire n'est pas cela (quoique ce soit déjà pas mal). Le pire, c'est que ceux qui prennent sa défense disent en substance : "c'est vrai, quoi, les costauds, baraqués et rapides, ce sont les "Blacks", en pensant émettre une vérité. Comme argument, on a la fameuse parabole du 100 mètres olympique dans lequel on ne trouve que des Noirs (ou quasiment). Comme si ces athlètes n'étaient pas le produit d'un milieu social qui trie, regroupe, freine, ferme des portes, exclut, ne laissant souvent que cette chance-là à certaines populations.

 

La doxa, jusqu'ici, était de laisser ces domaines aux "blacks", ce qui permettait de s'acheter une conscience suffisamment blindée pour pouvoir les discriminer dans tous les autres domaines. Il semble que l'actualité soit à une reprise en main : en effet, le sport de haut niveau enrichit considérablement ceux qui y réussissent, et une certaine France en a assez de voir arriver au sommet de la fortune des gamins de banlieue.

 

Lors des événements de Knysna, il est symbolique de voir que c'est Jean-Louis Valentin, un administrateur sorti de l'ENA et employé par la FFF, qui jeta l'éponge le premier, démissionnant de façon tonitruante. Laurent Blanc n'est pas forcément membre de ce complot, mais il contribue à cette reprise en main par son amalgame entre "profil costauds et puissant" et les "Blacks" d'une part, et par son association entre les mêmes profils et l'absence d'intelligence de jeu.

 

Sur un plan purement sportif, il se trompe d'ailleurs complètement. Les exemples d'Iniesta, Xavi et Messi semblent lui avoir tourné la cervelle, mis il faudrait qu'il se souvienne que Weah, Zidane, Pelé, Ibrahimovich et quelques autres ne sont pas des freluquets, ce qui ne les empêche pas de faire preuve d'une maîtrise technique et d'une intelligence de jeu reconnues par tous. Quant à Eto'o, Nasri, Henry et quelques autres encore, ils ne sont ni des armoires à glace, ni des joueurs maladroits, ni exactement des aryens pur teint.

 

En fait, les propos de Blanc ne révèlent pas seulement un racisme affleurant, mais aussi une profonde incompétence, ce qui est doublement grave.

Publié dans Chroniques

Commenter cet article

tpwq 03/05/2011 09:33


Bonjour,



Je n'ai jamais dit que le racisme des blancs n'existait pas !!!!! J'ai dit qu'il n'était peut-être pas aussi omniprésent ! Nuance !



Et je n'ai parlé d'aucun noir raciste !



Pour moi, "Français de souche" signifie un français qui, remontant aussi loin qu'il le peut dans son arbre généalogique, reste sur le territoire français. Je vous avoue aussi que je n'aime pas
cette expression a cause, là aussi, de l'usage qu'en font certains (pour qui le français de souche est un blanc catholique vivant en métropole, j'exagère mais c'est presque ça).



Par contre, on peut être français d'origine portugaise ou italienne, et donc être blanc, sans pour autant être français de souche...
On peut aussi être né en DOM-TOM et être français de souche, d'après moi.
___



Pour la Françafrique !



Ce jour, comme vous dites, n'est pas près d'arriver sans un effort ENORME de la part des gens éclairés pour diffuser l'information. Le français moyen ne sait rien de ce qu'il se passe en ce moment.
Il faut dire que les médias font tout pour le cacher !



Je ne suis même pas sûr que les français "savent bien" que leur petit monde est construit sur le dos de l'Afrique. Je pense plutôt qu'ils en sont inconscient (ce qui est pire).



Ils ne savent rien non plus des plus grands crimes de la politique étrangère de la France en Afrique (je pense bien entendu au Rwanda, et a ce qui se passe maintenant en Cote d'Ivoire).



Ils ne connaissent même pas ce qu'a été la colonisation. Et ce grâce aux médias : par exemple, Dieudonné qui a voulu faire un film sur la colonisation et qui a vu toutes les portes se fermer.

___



Pour la discrimination :



La discrimination peut en effet amener à des dérives. Cependant, on ne peut que constater des faits.



Vous dites : "dire "les Noirs courent vite", c'est débile".



Mais ceci n'est pas plus débile que de dire que le ciel est bleu. Vous ne pouvez nier que ce sont des noirs qui dominent le sprint aujourd'hui. Cela ne signifie pas qu'ils courent plus vite parce
qu'ils sont noir. Mais seulement que l'on peut constater que ce sont des noirs qui courent plus vite.



Par exemple : Vous prenez un quartier résidentiel. La partie Ouest est calme, et la partie Est est à côté d'un chantier bruyant qui n'en finit pas. Les enfants de la partie Ouest (calme) sont plus
sages en classe que les enfants de la partie Est (bruyante) qui ont du mal à se concentrer en cours (la correspondance entre bruit domestique et concentration en classe a été démontré
statistiquement). La maitresse peut dire alors : "les enfants du quartier Ouest sont plus sages que ceux de l'autre quartier". Faisant cela, elle fait une discrimination qui est toute légitime.



Regardez, un article que j'ai lu il y a quelques jours dans un journal scientifique sérieux : cet article disait que les personnes ayant un QI élevé avaient plus de chance de devenir végétariens
une fois adultes. On peut donc dire : "les végétariens ont plus de chance d'avoir un QI élevé". Ou, pour faire court : "les végétariens ont statistiquement un QI plus élevé". Ou, pour faire plus
court encore : "Les végétariens ont un QI plus élevé". Tout en gardant à l'esprit que cela n'est qu'une tendance et que si on rencontre un végétarien un jour, il se peut qu'il ai le QI d'une huitre
!



Je dis "les noirs courent plus vite" parce qu'à la course à pied, enfant, celui qui courait le plus vite de notre classe était un noir. C'était tout simplement impossible d'aller aussi vite que lui
et le pire c'est qu'il semblait ne devoir faire aucun effort pour nous semer à mille lieues. :) Je regarde le sport, et je vois que ceux qui dominent le sprint sont des noir(e)s. Suis-je coupable
de racisme en disant : "les noirs courent plus vite" ? En même temps, j'ai connu des noirs qui ne couraient pas vite du tout. :)



Et pour information, je ne suis pas raciste puisque je suis né en banlieue au milieu de toutes les races et mon premier amour était avec une petite fille noire (de laquelle je serai toujours un peu
amoureux quelque part).



Quand aux patrons, je ne pense pas qu'ils se croient "malins", mais juste qu'ils veulent rentabiliser au maximum leur mains d'oeuvre. Voyez le film "Un mauvais fils" de Claude Sautet avec Patrick
Dewaere (un chef d'oeuvre du cinéma français, cela dit en passant), dans lequel une scène illustre bien ceci.

___



Pour finir :



Je comprends votre point de vue. Il y a, comme vous dites, une vague de racisme en France. Cependant, quelle est la proportion de cette vague ? N'est-elle pas exagérée par les médias ? Voire
provoquée ?



Je suis français, j'ai 27 ans, et je n'ai jamais rencontré personne de raciste en France (sauf par le biais d'internet où il suffit d'aller au bon endroit pour en trouver).



Mon père utilise les expressions "black" ou "homme de couleur", qui sont deux expressions "édulcorées" du mot "noir"... ce même père qui a fait de la danse africaine un de ses plus grands plaisirs
et pour qui une personne chère est son professeur de danse, un noir africain.



Mon même père qui s'est remarié avec une chinoise (pas une française d'origine chinoise, mais une vraie chinoise). Et moi, ma première histoire sérieuse était avec une Française d'origine laotienne
(première génération née sur le sol français) avec qui j'ai failli me marier, puis j'ai connu une Française de souche, puis une arabe et je suis maintenant avec une Tchèque et compte peut-être
m'installer en Tchéquie ! Vous voyez, on n'est ni racistes ni xénophobes dans la famille !



La calamité sociale ne nait pas de si on appelle un noir un "black" mais de tout autre chose ! La calamité sociale vient des gens qui ont le pouvoir sur le système et qui n'ont ni âme ni coeur et
qui, de façon totalement indifférenciée, font tout pour couler le peuple, le détruire, et le dominer !



Et pour cela, qu'utilisent-t-ils ? Ils sèment le chaos, la discorde ! Ils divisent pour mieux régner ! Ils exacerbent le racisme, le provoquent, l'inventent, l'imposent ! Chacun se sent agressé
qu'il soit noir ou blanc ou beur ou n'importe quoi ! Ils font se monter le peuple contre lui-même pour que celui-ci ne s'unisse pas et ne devienne pas une menace pour leur oligarchie !



A l'instar du débat sur l'identité française !



A l'instar de ces zones de non droit laissée intouchées par le gouvernement qui laissent des honnêtes gens périr, se faire agresser au jour le jour dans leur propre maison par des gens d'une autre
culture ! Et qui ensuite étalent dans les journaux ces agressions en généralisant au passage à toute une communauté !



Et plus ça va plus les gens voient du racisme partout ! La première chose que m'a demandé un de mes collègues d'école qui devait faire un semestre en Tchéquie est s'il y avait du racisme là bas !
Les gens sont obnubilé par le racisme, allant en voir là où il n'y en a pas !

Et vous participez à cela.

Je ne dis pas que le racisme est une bonne chose, je dis qu'il ne faut pas l'inventer là où il n'y en a pas.

A ce propos, une certaine chanteuse française Anaïs, blanche, a écrit une chanson intitulée : "Elle sort qu'avec des blacks".

Et oui, comme vous voyez, la discrimination est partout ! :)


tpwq 02/05/2011 09:46


Bonjour,

Juste a propos du mot "black" :

Il y a pourtant des groupes communautaristes dont la devise est "black-blanc-beur". Faut-il penser qu'ils utilisent également le mot"black" dans le sens que vous évoquez ?

Pour ma part, j'utilise plutôt le mot "noir" par amour de la langue française et ne me sens donc pas vraiment concerné par ce propos. Cependant, je ne pense absolument pas que le terme "black"
cache un quelconque racisme !

On ne peut pas se débarrasser d'un passé de colonialisme et tout français de souche normalement constituée peut ressentir des remords face a ce passé de la France. Il est sans doute vrai que le
terme "black" permet peut-être de se distancer avec ce passé colonialiste.

En effet, "black" est un des jolis mots de la langue anglaise, un mot aérien, qui dégage une certaine puissance intrinsèque. J'ai même déjà imaginé dans ma jeunesse m'appeler "Black", au lieu de
mon nom de famille franchouillard, pour avoir l'air d'un acteur américain. Comme tout anglicisme, le mot "black" fait "moderne", et donc permet de rompre avec le passé. C'est un mot qui projette
dans l'avenir, mélioratif et qui impose le respect.

A l'inverse, si l'on suit votre discours, il faudrait aussi pouvoir employer sans aucune gène le mot "nègre" qui est, a la base, le parfait synonyme de "noir" et qui n'a obtenu une signification
péjorative que part le biais de la mémoire Historique. Ce mot est encore employé dans certaines langues latines comme le Roumain sans aucune connotation condescendante.

Or, demandez a un blanc, français de souche, homme public, d'utiliser le mot "nègre" dans un discours officiel et vous verrez toutes les associations anti-racisme lui tomber sur le dos !

Pour finir, je ne pense pas que le racisme soit aussi omniprésent que vous le dites ! A vous entendre, parler de "noir" est déjà un acte raciste ! Dire "les noirs ont la peau noire" serait-il un
acte raciste ? :)

S'il existe des tendances (on peut en effet dire que les noirs courent plus vite que les blancs en s'appuyant sur nos champions olympique de course a pied !), les évoquer n'est pas un acte
répréhensible !

Nous tous, hommes de la Terre, sommes différents et sans ranger les gens dans des catégories fermées, on peut relever des tendances. Ces tendances peuvent être dues aux différences de culture, de
milieu social, etc. Et, sans avoir les moyen d'un institut de recherche pour caractériser précisément ces groupes de tendances, le petit homme utilise ce qu'il a sous la main : la nationalité,
voire... la couleur de peau ! Ce n'est pas un mal ! Vouloir l'interdire serait de la dictature !

Savez-vous d'ailleurs que la discrimination a lieu dans le BTP français ? Ou (avec accent) les ouvrier français blancs ne trouvent pas de travail car les patrons disent "qu'ils travaillent moins"
que les immigrés. Cela se passe maintenant et depuis des années. Et si les patrons le disent, c'est sans doute que c'est vrai !

Faut-il alors accuser tous les patrons du BTP pour racisme ?

Si vous le pensez, allez y maintenant car cela fait un moment que ça dure sans que personne ne s'en émeuve dans les médias.

En espérant que mes remarques seront constructives.

Bien a vous,


Atango 02/05/2011 21:20



Il n'y a aucun groupe dont la devise est "black-blanc-beur". C'est plutôt la formule que la presse a trouvée en 1998 pour caractériser le cosmopolitisme ethnique de l'Equipe de France, championne
du monde. Soit dit en passant, cette obsession de la couleur de peau est bien française, et révèle des tendances lourdes et des choses cachées. Il y a par contre des groupes communautaristes dont
la devise est "black is beautiful", ce qui n'est pas plus malin, car cela suppose que les autres couleurs ne peuvent pas prétendre à la beauté. Ineptie, donc.


Vouloir me convaincre que le racisme des Blancs n'existe pas sous prétexte qu'il y a des Noirs racistes, c'est comme me dire que la victime de l'assassin n'est pas morte parce que sa famille l'a
vengée.


Vous utilisez le mot "noir", moi aussi. Pas par amour de la langue française, mais parce qu'on n'a pas mieux que cela, et que, tant qu'à faire, je ne vois vraiment pas pourquoi ça poserait
problème. Cela dit, la plupart des gens qui disents "les blacks" le font pour édulcorer l'expression "les Noirs", ce qui révèle que cette expression pose problème.


Votre expression "Français de souche" me dérange, car nul ne sait ce qu'elle recouvre. Les Antillais, qui sont Français depuis le XVIIe siècle sont-ils inclus dans cette expression ? Jusqu'où
vont les racines de ces souches ? Moi je dis "Français blancs", pour bien montrer que je n'accorde au mot "blanc" aucune connotation supplémentaire que l'apparence de la peau d'une grande partie
de l'Humanité.


En ce qui concerne la France et son passé colonial, j'ai envie de dire que les choses iront mieux le jour où la majorité des Françaisregarderont en face ce long scandale qui continue aujourd'hui
sous la forme de la Françafrique. En fait, les Français savent bien que la prospérité de leur pays s'est construite en grande partie grâce à l'exploitation économique et humaine de l'Afrique.
Mais ils font l'autruche, et ils ne veulent surtout pas s'occuper de cela. C'est de l'hypocrisie et rien d'autre.


En ce qui concerne le mot "nègre", je ne l'emploierai pas devent des personnes que cela peut choquer, par respect pour elles. Ce mot a été en effet connoté d'un tel mépris, d'une telle charge
injurieuse qu'il est quasi un gros mot en français. Je dirai donc "un Noir", et c'est tout. En ce qui concerne les associations anti-racisme, en bon démocrate, je n'ai rien contre leur existence.
Je ne comprends pas que des gens qui réclament la liberté ne la réclament que pour eux, en refusant celle des autres. Les associations anti-racistes tiennent un discours, elles ont le droit de le
tenir tant qu'elles ne violent pas la loi.


Dire "les Noirs ont la peau noire", c'est une évidence (encore que je dirai foncée, avec un nombre incroyable de nuances). Mais dire "les Noirs courent vite", c'est débile. C'est une
généralisation basée sur des apparences et rien d'autres. Dire que l'Humain moyen tombe dans ces stéréotypes parce qu'il n'a pas d'autre modèle devant les yeux, c'est aussi une évidence. Mais il
faut éduquer les gens pour leur expliquer que les stéréotypes sont dangereux, et non leur trouver des excuses bidons.


Les fameuses tendances dont vous parlez ne sont que des préjugés, point barre. C'est cette logique de "tendances" qui conduit aux discriminations, cette calamité sociale qui laisse sur le bord de
la route des tas de personnes compétentes et prive les organisations de leurs talents. Le cas du BTP dont vous parlez est un exemple de plus, et ces choses doivent être dénoncées. Ces patrons se
croient sans doute très malins, mais leurs actes relèvent de la discrimination, et rien de plus.