Curieux, ce mépris pour la seule Ségolène Royal !

Reprise ici de mon article publiée sur lepost.fr, mais qui semble avoir disparu de leur site.

 

Outre Ségolène Royal, qui y aurait-il de potable au PS ? 

 

Strauss-Kahn, le mieux planqué des mecs de l'ouverture ? Martine Aubry qui a profité sans aucune honte d'un trucage ux élections, comme le premier Bongo venu ? François Hollande dont les idées sont tellement consensuelles qu'elles en deviennent incolores et sans saveur ? Laurent Fabius dont le seul programme se résume aux petites phrases assassines ? Bertrand Delanoë qui a préféré se désister à Reims alors qu'il était devant Aubry, par simple calcul mesquin ("Tout sauf Ségolène") ? Le même Delanoë qui retire la mairie de Paris des parties civiles dans le procès Chirac sous prétexte que l'UMP l'a "remboursée" pour le préjudice financier (petits services entre copains) ?

 

Qui, dites-le moi ?

 

Ceux qui attaquent Royal n'ont que le fiel à la bouche. Que n'a-t-on jamais entendu à son propos ?

 

Les hommes et femmes politiques français sont moqués, décriés, voire diabolisés. Mais Ségolène Royale est la seule dont les adversaires n'ont pour seule 'approche contre elle que le mépris. Un insupportable, impitoyable, inlassable mépris dont l'objectif est simple : l'éliminer du champ politique, la disqualifier définitivement, car elle semble gêner beaucoup de monde, surtout dans les rangs des éléphants qui ne lui ont jamais pardonné de vouloir s'affranchir du jeu tortueux de Solferino.

 

Faut-il rappeler que Ségolène Royal a été plusieurs fois élue dans ce pays ?

 

Cette femme a arraché à la droite une région qu'elle conserve jusqu'à présent haut la main.

 

Cette femme a écrabouillé Strauss-Kahn et Fabius lors de la primaire de 2007.

 

Cette femme a été élue Première Secrétaire du Parti Socialiste le 16 novembre 2008, contre une coalition inédite de tous les éléphants, même les pires ennemis. Battus, ils ont poussé le vice jusqu'à conserver néanmoins le contrôle du parti, sans état d'âme. Aucune différence entre cela et la Tunisie de Ben Ali ou le Gabon des Bongo.

 

Cette femme a été moquée interminablement pour une seule erreur d'orthographe. Elle a été, elle est toujours traînée plus bas que terre pour avoir dit "bravitude" au lieu de "bravoure". Sarkozy (pour ne citer que lui), depuis, nous a montré qu'en la matière il est un cancre parfait, mais les quolibets en réaction à chacun de ses attentats contre la langue française n'ont jamais duré une semaine. Pourquoi cette différence flagrante de traitement ? Lui, c'est un mec, un vrai, un tatoué !

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Ségolène Royal a sûrement des défauts. Mais elle a aussi de grandes qualités. En tout cas, elle a des idées, elle les annonce clairement. Elle bat la campagne depuis des mois. Elle gère avec efficacité et avec compétence sa région.

 

Mais qu'entend-on dès qu'elle apparaît dans l'actualité ? Tenez ce florilège non exhaustif :

 

"V'là la folle du Poitou" : merci de la part des Poitevins, qui ne sont pas moins français que certains autres.

 

"Gala magazine est de sortie" : ah, ce bon vieux machisme latin, ce très dégueulasse sexisme qui touche autant les hommes que les femmes, d'ailleurs.

 

"Quand je [la] vois en boubou bleu, ça me fait penser à ma femme de ménage" : dixit Alain Destrem, membre du conseil de Paris. Curieux compliment de la part d'un adversaire politique, mais seulement si l'on considère que ce monsieur doit du respect et de la reconnaissance à celle qui s'occupe de son intérieur. Mais on peut en douter : le racisme compulsif des membres de l'UMP (voilà où ça mène de vouloir "décomplexer la Droite") n'a pas attendu le rejeton Le Pen pour fleurir. Les femmes noires crachaient dans le verre de leur maître naguère, dans l'Amérique esclavagiste. J'espère que la femme de ménage de ce hurluberlu a fait la même chose !

 

Je vous épargne les "qui va garder les enfants" et toutes les autres gentillesses qui ont été proférées à son encontre.

 

N'importe quelle personnalité politique se présente-t-elle à la Présidentielle ? On salue son courage et sa "vision." S'agit-il de Ségolène Royal ? On crie au sabotage : "Elle va faire perdre son camp !" Comme si l'ambition politique n'était réservée qu'aux autres, et pas à elle.

 

Il est vrai que cette dame n'est pas une vraie personnalité politique, et que toutes les personnes qui votent pour elle depuis dix-huit années déjà sont des idiotes finies. N'est-ce pas, messieurs et mesdames les haineux ?

 

L'actualité est au gommage : on voit bien comment les médias entreprennent d'effacer Ségolène Royal de l'échiquier politique, dans le même temps où ils portent à bout de bras Strauss-Kahn.

 

La ficelle est énorme, mais tout est possible avec une génération qui a été élevée devant le "Bigdil" de TF1. L'entourloupe peut marcher, au grand malheur de la France et de la Démocratie.

 

Pour l'instant, Ségolène Royal est candidate déclarée, elle est en campagne, et je ne croirais à nouveau en la probité de la presse que lorsqu'elle recevra le traitement qu'elle mérite.